Diminuer les coûts des échanges Ingénierie

La stratégie du Comité Ingénierie a fait l’objet d’une présentation dans le cadre du séminaire du Comité Directeur de GALIA le 24 juin dernier. En effet, il y a peu de temps, nous avons réalisé une étude des coûts des échanges de données techniques issues des bureaux d’études. Celle-ci a conduit à évaluer qu’une demi-douzaine de fournisseurs dépensent environ entre 15 et 20 millions d’Euros par an pour échanger avec leurs clients. Un certain nombre de pistes sont donc à étudier dans le contexte du Comité Ingénierie. Cela permettra de dessiner autant de lignes stratégiques et de création potentielles de groupes de travail à proposer aux membres de GALIA.

Si l’objectif est de diminuer ces coûts d’échanges, il faut travailler de deux manières. Tout d’abord en regardant ce qui se passe à l’intérieur de la filière industrielle, puis à l’extérieur de la chaîne des fournisseurs, dans leurs relations avec les éditeurs de progiciels nécessaires au développement des produits.


Travaux internes

Parmi les facteurs qui rendent les coûts des échanges élevés, il y a le besoin de communiquer en environnement hétérogène. Chaque partenaire a son propre environnement. Mais en plus, afin d’assurer une communication efficace avec leurs clients en envoyant des fichiers au format natif, ils doivent avoir une licence du logiciel et une connaissance de l’environnement de chacun des constructeurs pour lesquels ils travaillent.

Une question se pose. A-t’on systématiquement besoin d’échanger en format natif ? Nous avons détecté 7 profils de fournisseurs ; ont-ils tous besoin de fournir le même type d’information avec un maximum de savoir-faire inclus dans le modèle ? Ceci risque d’avoir un impact sur les conventions d’échanges signées entre client et fournisseur. Le Comité Ingénierie de GALIA propose donc de démarrer une analyse contractuelle et technique des conventions afin de déterminer qui a besoin de quoi en fonction de sa mission et de protéger le savoir-faire.

En parallèle, nous allons passer en revue les différents groupes de travail ou projets afin de vérifier leur contribution effective dans la réduction des coûts. Parmi ceux-ci, il convient de citer le groupe COMET V5 (COmpatibilité des METhodologies de design avec CATIA V5).



Schéma des opérations nécessaires pour échanger
des données entre un constructeur et un équipementier


L’objectif est de nettoyer les modèles en format natif et d’automatiser au maximum le processus export de la base, le nettoyage, la conversion, l’envoi et l’import dans la base de données aux différentes étapes.

Ici, plusieurs questions se posent qui vont probablement déboucher sur autant de sous-groupes :
  • Quel client a besoin de quoi ? On répondra à cette question avec l’analyse des conventions d’échanges.

  • Comment gérer la sécurité de l’échange. Ce point peut se prendre sous divers angles : soit il s’agit de contrôler les autorisations à lire ou éditer un document CAO ou autre, soit il s’agit de retirer l’intelligence du modèle. Dans ce dernier cas, on peut, dans le cadre d’un groupe de travail, chercher à définir une grille de critères standards permettant de choisir une solution du marché qui opère ce nettoyage.

  • Enfin, il reste à traiter la gestion des conversions. Les conclusions de l’étude des conventions d’échange nous permettront de traiter des fichiers soit au format natif, soit au format neutre, soit en format de visualisation allégée.
Les autres groupes de travail (Gestion des Modifications, Echanges PDM2PDM, déploiement OFTP2, …) continueront pour mettre en évidence des résultats concrets.


Travaux externes

Il s’agit ici de traiter de problématiques communes à la filière industrielle, mais nécessitant de travailler avec des partenaires. Puisque nous sommes sur le thème de la diminution des échanges Ingénierie, il sera profitable de discuter avec l’éditeur des solutions PLM de nos constructeurs nationaux, pour voir si on ne pourrait pas élaborer ensemble des pistes d’amélioration.

En effet, COMET V5 cherche à pallier les inconvénients d’un environnement hétérogène… Nous pourrions discuter avec Dassault Systèmes en amont de la mise sur le marché de la V6, pour que les équipementiers qui travailleront avec des constructeurs équipés de la V6 puissent le plus rapidement possible avoir des processus et des outils qui facilitent les échanges.

Les membres du Comité Ingénierie et des groupes de travail intéressés par le sujet souhaitent passer une journée de travail en commun avec Dassault Systèmes pour travailler sur les 2 axes suivants :

■ Quels sont les retours des OEMs ou équipementiers automobiles sur les challenges et l’harmonisation nécessaire à une meilleure collaboration entre acteurs industriels (travaux éventuellement partageables dans le cadre de SACF).

■ Comment la V6 améliore la collaboration ?

  • Comment la V6 réduit les coûts d’échanges de données ?
  • Comment gérer la transition ?

Préparation du futur

Outre ces premiers axes stratégiques, le Comité Ingénierie de GALIA envisage de mener une étude de faisabilité pour lancer, si nécessaire, des groupes de travail nouveaux : les Études amont "early BOM" (à traiter par l’Ingénierie Systèmes ?), la corrélation des résultats de calcul et des essais, les échanges mécatroniques (ECAD/MCAD) et les sujets relatifs à l’archivage long terme des données de conception.

Dans tous les cas, une pré-étude sera faite pour déterminer de la façon la plus quantitative possible, l’opportunité réelle de lancer des travaux sur de tels sujets. Ce n’est qu’à ce prix que l’on mobilisera les énergies et les ressources pour mener à bien le plus rapidement possible ces travaux.

Le Comité Directeur de GALIA a accepté le principe de faire signer une charte d’engagement, si une vraie démarche projet est adoptée dans le déroulement des groupes de travail. Elle permettra de faire reconnaître l’intérêt pour l’entreprise signataire des travaux du comité et du groupe, d’engager les ressources nécessaires à l’aboutissement des travaux et de promettre d’étudier les moyens de déployer le résultat des travaux. Il restera à la faire signer par le bon niveau de représentation.



Alexandre Loire
Chef de projet Ingénierie

Les dossiers
GALIA - Groupement pour l'Amélioration des Liaisons dans l'Industrie Automobile