Odette Container Management
Contexte
La gestion des emballages durables est un processus clé de la gestion globale de la chaîne logistique, dont la plupart des intervenants sur cette chaîne constatent qu’il n’est pas véritablement maîtrisé.
Les conséquences en sont multiples :
• Perte et évaporation d’emballages
• Rupture de la chaîne d’approvisionnement
• Perturbation des flux par modification des conditions logistiques négociées (type d’emballage, quantité par emballage)
• Perturbation des acteurs qui doivent « improviser » des solutions de rechange
• Ecarts d’inventaires
• Coûts supplémentaires, etc.
Des travaux pour améliorer cette situation et définir des principes, voire des solutions de gestion des emballages durables, ont été engagés depuis longtemps par plusieurs organisations nationales :
• GALIA : voir la recommandation GED1 de juillet 1991
• GALIA : voir la recommandation GED4 de juillet 2004
• VDA : voir la recommandation VDA 5007 de décembre 2005
Après plusieurs présentations faites au niveau d’Odette, la communauté automobile européenne a jugé nécessaire d’harmoniser le travail qui avait été fait au niveau des différentes organisations nationales pour en faire un standard Odette.
Aussi, après l’initialisation d’un groupe projet au mois de mai 2006 (constitué de Renault - PSA - CHEP - Log & PI - GALIA - Gefco - Daimler Chrysler - Silverprod - VDA - Geodis - SNR - Siemens - Opel - Robert Bosch - Volkswagen - Volvo), une recommandation européenne intitulée « Odette Container Management » a pu être finalisée en décembre 2006, s’inspirant très fortement des concepts retenus par l’équipe GALIA.
L’objectif de la recommandation
L’objectif de la recommandation est double :
1. Définir un processus commun de gestion des emballages durables
2. Définir également 2 options pour l’échange des données :
• L’échange électronique 100% EDI ou XML
• L’échange à partir d’une application Web compatible avec les messages électroniques
Le contenu de la recommandation
La recommandation décrit les principes de gestion recommandés, le processus commun de gestion des emballages durables et des options pour l’échange de données.
Les principes de gestion recommandés :
► Principe n° 1 : pluralité des systèmes
Il n’y a pas un système de gestion à privilégier, mais des systèmes à utiliser en fonction des situations.
► Principe n° 2 : l’emballage est un élément associé à un flux de pièce
L’emballage est une caractéristique du produit fini, définie entre les partenaires et contenue dans le protocole logistique. Il doit faire l’objet d’un calcul des besoins, avec les mêmes règles et les mêmes informations que pour les autres composants (programme véhicules par exemple).
► Principe n° 3 : calcul des besoins en emballages
Les besoins d’emballages doivent être calculés par chaque partenaire, client ou gestionnaire et fournisseur. En cas de dotation par le client, les conditions d’« ajustement » au besoin réel doivent être définies dans le protocole logistique mis en place entre les partenaires.
► Principe n° 4: traçabilité des mouvements
Les mouvements et niveaux de stocks doivent être gérés informatiquement. Des dispositifs doivent être mis en œuvre pour permettre d’atteindre une fiabilité 100% des données.
► Principe n° 5 : partage des informations
Les partenaires doivent « partager » les informations concernant les mouvements et les stocks d’emballages durables. Elles doivent être mises à jour à une fréquence adaptée au flux. Toutefois, une fréquence quotidienne est un minimum recommandé. L’échange d’informations doit se faire en privilégiant les standards développés par Odette.
► Principe n° 6 : responsabilisation des acteurs
La qualité de gestion des emballages durables de chacun des acteurs devra être évaluée. Les dysfonctionnements pourront faire l’objet de pénalités, y compris financières.
Plusieurs modes de mise à disposition sont en vigueur : location, consignation, achat/vente, prêt à usage,… La gratuité totale n’est pas la plus responsabilisante.
Le processus commun de gestion des emballages :
La description de ce processus a pour but de :
• Standardiser les principes de base des modes de fonctionnement, notamment ceux qui concernent la relation gestionnaire – utilisateur d’emballages.
• Décrire les processus physiques et administratifs recommandés pour la gestion des emballages durables.
• Définir les responsabilités des acteurs de la chaîne logistique.
Le mode de fonctionnement décrit dans la recommandation Odette est le suivant :

Six processus de base sont à considérer :
1. Calcul des besoins en emballages : Ce processus vise à calculer la quantité d’emballages dont chaque site fournisseur a besoin pour assurer la livraison des pièces que lui commande son client en respectant le conditionnement qu’ils ont négocié. Ce processus participe au respect des conditions de Qualité, de Coût et de Délai de la relation client – fournisseur.
2. Pilotage de la livraison des emballages vides : Le gestionnaire du parc d’emballages doit piloter la livraison des emballages vides. Il met en oeuvre les moyens pour que chaque site fournisseur ait en permanence à sa disposition la quantité minimale d’emballages jugée nécessaire pour que le contrat de livraison des produits puisse s’exécuter selon les clauses prévues.
3. Expédition des emballages vides : Il s’agit, pour un site détenteur d’emballages vides, de procéder à leur expédition vers un site destinataire clairement identifié. Cela suppose l’accomplissement des tâches physiques de chargement et des tâches administratives associées.
4. Réception des emballages vides : Lorsqu’un fournisseur reçoit des emballages vides, il doit procéder à l’exécution des tâches physiques de déchargement et des tâches administratives associées marquant l’acceptation de la marchandise.
5. Expédition des emballages pleins : Lorsqu’un fournisseur expédie des produits finis, il doit procéder ou faire procéder à l’exécution des tâches physiques de chargement et des tâches administratives, ceci pour se prémunir des cas de sous-traitance des opérations physiques de déchargement.
6. Réception des emballages pleins : Lorsqu’un client reçoit des emballages pleins, il doit procéder à l’exécution des tâches physiques de déchargement et des tâches administratives associées marquant l’acceptation de la marchandise et des emballages reçus.
Nota : Ces six processus de base sont ramenés dans la suite de la recommandation à trois problématiques principales :
• L’expression des besoins en emballages
• Le suivi des mouvements
• La gestion des stocks
Aux processus de base définis ci-dessus, sont rattachés trois processus « connexes » :
a. L’échange de données informatisé (selon des messages Odette pour gérer les emballages)
b. La gestion des alertes
c. La mesure de performance
Ces processus « connexes » font également l’objet d’une description détaillée dans la recommandation Odette.
Description des options pour l’échange de données :
L’échange des données peut se faire selon deux modes :
• L’échange électronique 100% EDI ou XML.
• L’échange à partir d’une application Web compatible avec les messages électroniques.

Ces deux modes font également l’objet d’une description détaillée dans la recommandation Odette.
La publication de la recommandation
La recommandation a été validée par le Board d’Odette. La version définitive du document est disponible sur le site d’Odette depuis le mois de janvier 2007. Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter GALIA à l’adresse suivante : koscielniak@galia.com
Thierry Koscielniak
Chef de projet Logistique
Les dossiers
GALIA - Groupement pour l'Amélioration des Liaisons dans l'Industrie Automobile
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