Le positionnement international de GALIA
Les constructeurs et grands équipementiers fondateurs de GALIA, en 1984, sont devenus des leaders mondiaux de l’industrie automobile et le caractère apparemment « franco-français » de l’organisation ne leur semble plus suffisant : il faut être au minimum européen, voire mondial. Comment GALIA entend-il répondre à leurs attentes ?
Bref rappel historique
Bernard Garsmeur, principal artisan de la création de GALIA, nous a rappelé, à l’occasion de la Conférence 2004, le contexte de cette création.
Fraîchement nommé Directeur Central de la Production de Renault, il prend conscience de l’avance prise par les Japonais dans le domaine du Juste à Temps (JAT) et des méthodologies qu’ils ont mises en œuvre pour y parvenir, en particulier pour échanger vite et bien les informations. Au même moment, il entend parler par Yves de Belabre (PSA) – qui lui succèdera d’ailleurs à la présidence de GALIA – de la création toute récente, à l’initiative du SMMT en Grande-Bretagne, de l’organisation Odette pour élaborer un échange électronique de données dans l’industrie automobile européenne, c'est-à-dire ce qu’il recherchait.
La dimension européenne d’Odette était un atout indiscutable, mais il y avait quelque chose à faire sur le plan français. Odette étant un rassemblement d’organisations nationales, la France devait mandater une organisation pour la représenter au sein d’Odette. Contrairement aux Anglais et aux Allemands qui regroupent au sein d’une même entité (SMMT, VDA) les constructeurs et leurs fournisseurs, la France possède deux organisations, le CCFA et la FIEV. Aucune n’ayant vocation à s’occuper d’EDI, il a été décidé d’en créer une troisième : GALIA.
La dimension européenne de GALIA n’a donc jamais cessé d’exister et plusieurs Directeurs et/ou Présidents de GALIA ont été aussi Présidents d’Odette. Les chefs de projets GALIA et les experts techniques des sociétés membres ont énormément contribué, et contribuent toujours fortement, aux travaux d’Odette et particulièrement à l’élaboration des standards. Pour bien marquer la relation, GALIA s’est appelé GALIA/Odette pendant quelques années.
Les relations internationales de GALIA
GALIA est au cœur d’un réseau relationnel extrêmement développé.

Il est membre d’Odette International (nouvelle appellation de l’Odette d’origine), en compagnie de 6 autres organisations nationales : le VDA pour l’Allemagne, le SMMT pour la Grande-Bretagne, l’ANFAC pour l’Espagne, Odette Suède, Odette République Tchèque et Odette Benelux. Ensemble, elles élaborent les « standards Odette ».
GALIA et Odette travaillent aussi avec les organisations américaines (AIAG, OAGI) et japonaises (JAMA, JAPIA) pour élaborer des standards mondiaux, comme par exemple le « Global Label » (Étiquette), « Global Invoic » (Facture), « Global Evalog » (Evaluation logistique) ou « XML ».

Les « General Manager » Andy Cummins (AIAG) et John Canvin (Odette) au cours du Board d’Odette, le 23 juin 2004, à Stockholm.
GALIA est aussi membre de l’association européenne ENX, mise en place pour gérer un réseau de télécommunications à haute performance, spécifique automobile et basé sur les technologies Internet.
Les travaux réalisés
Historiquement, GALIA et Odette ont couverts les domaines de la Logistique, de l’Ingénierie et du B2B.
En Logistique, les travaux ont porté principalement sur les messages EDI, l’identification des colis, la standardisation des emballages (carton, plastique, métal) et les bonnes pratiques et l’évaluation logistique. Plus récemment, grâce à l’apport des technologies Internet, Odette a publié des recommandations très importantes et très innovantes sur le Web-EDI (e-Forms), le Pilotage multi–niveaux de la Supply Chain (SCMo) et la Gestion de la Demande Capacitaire (DCP).
Les travaux pour le domaine Ingénierie ne sont pas pris en charge directement par Odette, mais par le SASIG, structure de niveau mondial à laquelle participent GALIA, le VDA et Odette Suède. L’AIAG pour les Etats-Unis et le JAMA-JAPIA pour le Japon y participent aussi. Le SASIG existe depuis une bonne dizaine d’années, mais ses travaux, il faut le reconnaître, ne sont pas encore suffisamment connus des « décideurs ». Ils ont porté principalement sur la modélisation des données techniques (PDM) et sur leur qualité (PDQ), sur la norme d’échanges de données techniques STEP AP214 et sur le processus d’échanges de ces données (XMTD/ENGDAT/ABSTRACT). Actuellement, des travaux sont en cours sur le partage des données issues de la CAO dans tous les services externes aux bureaux d’études (Digital Engineering Visualisation).
S’agissant du B2B, l’organisation mise en place est récente (2001). Elle correspondait à l’émergence des places de marché, en particulier Covisint, et arrive progressivement à maturité. La réorganisation intervenue fin 2003-début 2004 chez Odette a permis de dégager des axes de travail très clairs et d’obtenir une implication plus forte des responsables B2B des grands acteurs industriels. Les travaux portent principalement sur la gestion des droits d’accès aux portails et applications B2B (UAM), à l’identification des utilisateurs (SID) et à la sécurisation des échanges (S2R).
Le constat
Comme on l’a vu en introduction, certains décideurs de grandes entreprises françaises engagées à l’international considèrent que GALIA est une organisation seulement franco-française, dont le rôle et l’influence seraient par conséquent limités.
Un autre reproche adressé à nos organisations est la lenteur et la faible visibilité des travaux engagés.
Il y a, de notre point de vue, quatre causes principales à cette situation :
1 - La méconnaissance, par ces décideurs, des activités concrètes de GALIA et Odette dans les domaines qui les concernent.
2 - La faible représentativité des personnes qui participent aux travaux de GALIA ou d’Odette et qui, parfois, siègent dans nos instances sans l’aval ou la simple information de leur hiérarchie.
3 - La faiblesse des ressources humaines et financières de l’organisation européenne.
4 - L’absence de représentation directe des sociétés dans les instances de décision d’Odette.
Les évolutions en cours
Communication
Un gros effort de communication a été entrepris depuis deux ans. La réussite de la Conférence Odette 2003 en France (550 participants) et le succès du nouveau site Web de GALIA (5000 visiteurs/mois) montrent que des progrès significatifs ont été réalisés sur ce plan.
Organisation
La réorganisation des Comités Fonctionnels d’Odette, avec l’implication des « décideurs » et la mise en place d’un « Program Manager » par comité, vont dans le bon sens. Le respect d’une procédure rigoureuse de « gestion des projets » va aussi améliorer l’efficacité d’Odette.

Les membres du B2BFC Odette accueillis le 6 juillet 2004 chez Rieter, à Winterthur (Suisse)
Autre aspect de l’évolution en cours : les projets seront lancés au niveau européen, voire mondial, en toute priorité et ne seront français qu’en cas d’extrême nécessité (si aucun pays autre que la France ne soutient un projet).
Il y a un risque à n’obtenir le concours, pour la création des standards, que des grandes sociétés à dimension internationale, mais ce risque doit être assumé dans le contexte actuel. Il reviendra aux organisations nationales la responsabilité de « populariser » les résultats de ces travaux auprès des entreprises plus petites. C’est l’un des objectifs du projet ALFA.
Ressources
GALIA et les sociétés membres de l’association contribuent déjà très largement aux activités européennes et mondiales.
Le Président d’Odette actuel est Jean-Paul Mériau, de Renault. Jacky Cousin, Directeur de GALIA, détaché par Renault, est également le trésorier d’ENX.
GALIA a fourni pour une période expérimentale de 6 mois, sur une base d’un mi-temps, un « Program Manager » pour le Comité B2B d’Odette. GALIA est prêt à poursuivre l’expérience dans la mesure où d’autres organisations, en particulier le VDA, feraient de même.
Les chefs de projet GALIA exercent d’ores et déjà des responsabilités au sein des 4 comités d’Odette et continueront de le faire.
Adhésion
L’étude de réorganisation d’Odette n’a pas permis de dégager un consensus concernant l’adhésion des membres. Certains préconisaient une adhésion directe des sociétés au niveau européen, d’autres (et en particulier l’Allemagne) défendaient le principe d’une représentation indirecte, au travers des organisations nationales.
ENX fonctionne, semble-t-il à la satisfaction des sociétés concernées, sur le principe de l’adhésion directe. L’AIAG, par définition, aussi. Odette reste un cas particulier qui devra, vraisemblablement, évoluer.
Conclusion
L’ouverture internationale de GALIA est une réalité qui demande à être mieux connue des « décideurs » de l’industrie automobile française.
Les évolutions en cours pourraient conduire à un transfert de ressources du niveau national vers le niveau européen, voire mondial, mais ceci concerne et engage davantage les sociétés (temps et frais de déplacement) que l’organisation GALIA elle-même qui consacre d’ores et déjà plus de 50% de ses ressources à des actions à caractère international.
Pour réduire les coûts, l’usage du Web-Conferencing devra être très largement développé.
Jean-Pierre Le Bot
Chef de Projet GALIA
Tél. : 01.41.31.68.72
lebot@galia.com
Les dossiers
GALIA - Groupement pour l'Amélioration des Liaisons dans l'Industrie Automobile
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