M. Luc Lagagne, est CAD & PDM Manager, dans la R&D de la division Sièges d'Automobile chez Faurecia. Dans le domaine du CAD, il est en charge du support, ainsi que du déploiement des méthodologies et modèles génériques.
Nous l’avons interrogé sur le bilan des tests 3D Master avec PSA Peugeot Citroën.
Quels sont les apports positifs que vous avez pu mesurer lors de vos travaux avec PSA sur 3D Master ?
Dans le cadre de notre collaboration avec PSA, nous avons réalisé 2 démonstrateurs :Une étude "filière interne" sur une structure de siège arrière avec cotation 3D complète de l'assemblage et de ses pièces.
Une étude "échanges de données avec le constructeur" sur un siège arrière complet garni.
Dans la première étude, nous avons pu évaluer les gains potentiels (à valider) apportés par la suppression des plans, et la plus grande pertinence de coter sur le référentiel unique qu'est le 3D. Le lien avec la métrologie et les logiciels de tolérencement liés à CATIA nous semblent également prometteurs mais non encore testés.
Dans la deuxième étude, nous nous sommes efforcés de montrer à PSA quel serait le type de format 3D Master que nous serions amenés à échanger si nous conservions la même quantité d'information que celle échangée aujourd'hui en mode 3D + plan coté.
PSA a pu prendre la pleine mesure de la complexité de l'approche pour des équipementiers d'assemblages complexes.
Avez-vous rencontré des points durs et quelles solutions pouvez-vous envisager pour les résoudre ?
Nous avons souhaité travailler en transparence avec notre client en ne lui cachant pas les points durs que nous avons rencontrés, et qui sont de deux ordres : | Difficulté technique, liée aux limitations de l'outil par rapport au cycle de vie des projets dans l'automobile :- Difficulté à transférer la cotation de notre filière interne vers la géométrie livrée au constructeur (duplication du travail).
- En filière interne, multiplication de liens multi-modèles entre composants alourdissant les cycles de modification de l'étude du siège.
Sur ces deux aspects, nous attendons des réponses techniques de Dassault Systèmes au travers de l'amélioration des fonctionnalités du module FTA
Difficulté "culturelle", certes surmontable, mais nécessitant une conduite du changement de grande envergure dans l'entreprise : - la disparition des plans en usine impose aux ingénieurs process et aux opérateurs de posséder des PC portables munis de viewer 3D qui leur impose des manipulations supplémentaires de filtrage aux travers de captures préparées par le concepteur de la cotation.
- La complexité de l'affichage effraie nombre de concepteurs et de gens du process.
- La nature contractuelle conférée par le plan semble plus difficilement acquise au niveau du 3D.
Mesure du ROI difficile à établir - Coût d'acquisition des PC pour remplacer les plans en usine.
- Coût des licences FTA.
- Formation des utilisateurs à la cotation 3D (FTA) et la norme ISO pour en tirer les pleins bénéfices.
- Bénéfices attendus dans toute la filière numérique : fournisseurs / filière interne / constructeur.
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