PSA rencontre ses fournisseurs pour mieux définir sa cible
Depuis 2008, le programme CORAIL a initialisé à travers GALIA un groupe de travail composé d’une quinzaine de fournisseurs, afin d’échanger sur les modes de fonctionnement cibles de la supply chain amont du groupe portés par le programme et d’identifier les impacts fournisseurs de ces futurs processus. Dans ce cadre, des séances de travail sont organisées à fréquence régulière depuis deux ans. Elles ont permis et permettent encore de déboucher sur des propositions d’amélioration de la part des fournisseurs, et pour PSA d’ajuster son expression de besoins. Afin de renforcer ce dispositif, le programme a proposé de rencontrer ces fournisseurs dans une de leurs usines pour mieux comprendre leurs processus internes et les problèmes actuels. Trois visites ont ainsi été programmées en 2010. Le 20 avril dernier, PSA se rendait chez S.N.O.P. à l’usine d’Etupes.
Une volonté originale de consulter l’ensemble des acteurs de la filière
 | CARL CEGLINSKI
LOGISTIQUE CENTRALE S.N.O.P. & S.N.W.M.
COORDINATEUR PROJETS LOGISTIQUES |
Que pensez-vous de la démarche de PSA de visiter ses fournisseurs pour mieux appréhender vos probléma- tiques opérationnelles ?
La volonté originale de PSA de consulter, au sein de GALIA, l’ensemble des acteurs de la filière sur le projet CORAIL provoque des échanges décomplexés en environnement neutre et donc un travail sur les vraies causes des dysfonctionnements ou des axes de progrès.
Cette visite organisée en usine permet à chacun d’appréhender les impacts des modes de fonctionnement de nos clients par des exemples factuels.
C’est une démarche qui en interne, nous donne l’opportunité de nous questionner sur nos organisations, toujours dans une volonté de mettre en œuvre les bonnes pratiques au sein du groupe S.N.O.P.
Que vous a apporté la visite du 20 avril dernier ? Quelles réponses avez-vous trouvées à vos problèmes à court terme et à échéance CORAIL ?
La visite du 20 avril donne l’occasion de structurer notre réflexion sur CORAIL autour de 2 questions :
Que se passe-t-il aujourd’hui dans nos organisations avec la mise en place des 48H de préavis, entre le moment où l’on reçoit les besoins exprimés par notre client et le moment où l’on met à disposition les pièces au quai pour enlèvement ? Quels sont les traitements actuels sur les besoins pour livrer les pièces en respectant les attendus des fonctionnements standards ?
Nous soulignons les hétérogénéités de fonctionnements locaux de nos usines clientes qui n’ont pas toujours la même lecture des normes définies par le groupe PSA. | Nous constatons tous les jours combien certaines règles sont trop complexes à mettre en œuvre par le fournisseur et à expliquer localement par le client, et tout particulièrement les règles de palettisation.
Les différents groupes de travail lancés au travers de GALIA en 2009 et 2010 sur les prévisions, les emballages/palettisation et le taux de service, ainsi que les démarches de benchmark menées par PSA nous permettent de nous exprimer et nous constatons dès aujourd’hui des démarches de progrès sur la gestion des actifs durables de PSA et sur la simplification des référentiels logistiques.
Quelles sont vos attentes suite à cette visite ?
En rassemblant tous les sujets abordés lors de la visite sur un questionnaire de synthèse, nous avons la garantie de partager la vision des faiblesses et des points forts des modes de fonctionnement actuels de PSA.
Les réponses à ce questionnaire par les experts métiers montrent une prise en compte des problèmes à horizon de l’étape 2 CORAIL au plus tard. Cependant, les points de progrès, en particulier sur la gestion des emballages, sur la maîtrise du capacitaire transport, sur la rationalisation des règles de palettisation et sur la qualité des prévisions des flux Europe & lointains, sont à prendre en compte très en amont, au moins dès le cahier des charges CORAIL pour en garantir un déploiement viable pour l’ensemble de la supply chain.
Nous sommes très enthousiastes de pouvoir participer avec l’équipe CORAIL et avec les experts métiers aux pilotes envisagés dans ce cadre et nous apprécions les qualités d’écoute de nos interlocuteurs dans une volonté d’amélioration continue pour toute la filière. |
 | PIERRE GABAUD
SPECIALISTE APPROVISIONNEMENTS
PSA |
Il est toujours très intéressant d’aller à la rencontre de nos fournisseurs pour mieux appréhender la réalité du terrain et confronter nos approches aux préoccupations et problèmes quotidiens des opérationnels. Ce genre d’intervention est une opportunité pour nous d’expliquer nos orientations et d’en débattre avec eux, au delà des discussions engagées chez GALIA.
J’ai retenu trois points majeurs de notre visite chez S.N.O.P. :
L’usine d’Etupes subit des perturbations importantes suite aux demandes de livraison supplémentaires des usines. Nous avons lancé une analyse auprès de nos usines pour obtenir des éléments de réponse. Une des causes identifiées est un problème de lecture des cartes RECOR. | La généralisation du mode d’approvisionnement en coordonné décidée avec CORAIL apportera la solution.
Deuxième point clé de la visite : S.N.O.P. a du mal à obtenir des explications sur les écarts de prévisions de demandes de composants. La mise en place d’alertes sur la flexibilité pour les approvisionneurs est en cours d’étude dans le cadre de CORAIL afin qu’ils soient informés des dépassements de flexibilité et qu’ils puissent animer les fournisseurs en conséquence.
Enfin, les préoccupations de S.N.O.P. étaient toujours traduites en impact sur le taux de service. C’est très motivant de constater que cet indicateur de performance, majeur pour PSA, est complètement partagé. |
 | ARNAUD SAUL
RESPONSABLE SYSTEME ET INGENIERIE TRANSPORT
PSA |
La satisfaction du client est une réelle préoccupation de S.N.O.P., notamment par son action sur le lissage des camions, sa réactivité et son adaptabilité au quotidien. La visite sur le terrain m’a permis de toucher du doigt les préoccupations du fournisseur et de mettre en avant des axes d’amélioration à intégrer dans la refonte de nos modes de fonctionnement. S.N.O.P. est d’ailleurs particulièrement volontaire pour nous accompagner sur ce point.
A travers cette visite, j’ai pu confronter et illustrer que l’étape 2 de CORAIL n’est pas seulement une refonte de nos systèmes d’information mais bien aussi une démarche d’amélioration profonde de nos modes de fonctionnement qui impactera les processus, les organisations et les systèmes d’information de nos fournisseurs. | C’est grâce à une démarche « gagnant-gagnant » et un accompagnement du changement robuste de toute la supply chain que nous atteindrons nos objectifs.
Durant cette journée, nous avons bien relevé que des axes de progrès sont attendus sur le transport et seront portés par l’étape 2 de CORAIL.
Afin de mettre en place une supply chain performante, nous ferons participer les fournisseurs et S.N.O.P. particulièrement aux chantiers de définition des processus cibles du transport pour prendre en compte leurs préoccupations. Ainsi nous étudierons les solutions pour permettre à PSA de mieux maîtriser les flux par des actions sur le lissage et l’optimisation des moyens de transport. |
 | PATRICE LAMIRE
ARCHITECTE METIER INGENIERIE DES FLUX
PSA |
S.N.O.P a exprimé une réelle volonté d’échanger avec nous sur les difficultés que leurs usines rencontrent opérationnellement et de nous présenter des solutions pour nous aider à construire une solution globale pérenne dans le cadre de CORAIL.
Les fournisseurs doivent s’adapter aux différents modes de fonctionnement de leurs clients et afin de les aider, il est primordial de veiller au respect des modes de fonctionnement standards par nos usines pour éviter de générer une variabilité supplémentaire. L’organisation d’une telle visite nous offre l’opportunité de mieux identifier les problèmes et les mudas générés par nos demandes.
Nos modes de fonctionnement sur la gestion des emballages sont aujourd’hui obsolètes suite à l’augmen- tation de l’activité petits colis, de la palettisation hétérogène et de la diversité de conditionnement avec le déploiement des conditionnements dédiés zéro déchet. | A court terme, nous devons apporter des solutions. Nous réfléchissons actuellement au développement d’un prototype pour échanger avec les fournisseurs sur les flux d’emballages vides et les niveaux de stocks théoriques, à la simplification de nos règles de palettisation et au renforcement des vérifications du respect des standards dans nos sites de production pour éviter de générer de la variabilité chez l’équipementier.
Dès le mois de septembre, nous travaillerons également sur la définition des principes structurants de la reverse logistic PSA pour construire nos modes de fonctionnement cibles et décrire les spécifications fonctionnelles de la gestion des vides pour l’étape 2 de CORAIL. Plusieurs sujets sont déjà identifiés à ce jour.
Pour en citer quelques uns : la mise en place d’un portail d’échanges avec les fournisseurs, la possibilité pour eux de réceptionner les emballages vides et l’organisation des commandes pour favoriser les palettes hétérogènes complètes. |
Dossier coordonné chez PSA PEUGEOT CITROËN par :
Aurore Guernalec - Manager de la Conduite du Changement Programme CORAIL
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GALIA - Groupement pour l'Amélioration des Liaisons dans l'Industrie Automobile
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