Retour sur la Conférence ODETTE 2005L’intérêt de la conférence Odette était multiple :
Cette conférence a été également l’occasion de récompenser plusieurs acteurs de l’industrie automobile Française : Renault pour son implication dans les travaux au niveau d’Odette, Jan de Wit (Renault) pour son management du projet « Logistics Key Performance Indicators » et Jean Jacques Urban Galindo (PSA) pour son soutien et ses apports dans le domaine de l’ingénierie. ![]() Nous reviendrons principalement, dans cet article, sur les deux premiers points. 1 - Quelques messages fortsLes grands défis de l’industrie automobile Robert Peugeot (VP Innovation and Quality, Board Member) et Alain Besnard (Head of International Manufacturing Programming and Logistics) de PSA, Dr. Martin Hofmann (Group Executive Director Purchasing Process and Information Management) de VW, Michel Gornet (Executive VP, Manufacturing) de Renault et Clemens Bauerfeind (Corporate VP Logistics) de Siemens VDO ont chacun présenté les sujets d’actualité. Pour eux, les grands défis auxquels l’industrie automobile doit actuellement faire face sont les suivants :
Détaillons à présent quelques uns de ces points. Développement des coopérations Il semble aujourd’hui décisif de s’allier à d’autres constructeurs dans un contexte de plus en plus concurrentiel. L’exemple de PSA est d’ailleurs particulièrement parlant puisqu’à lui tout seul, il développe :
Le renforcement de la relation client/fournisseur Le rôle du fournisseur devenant de plus en plus important, il devient capital de renforcer la relation Client /Fournisseurs en suggérant la mise en place d’un Système de Management ayant pour fondement:
La standardisation La mise en place de standards automobiles globaux avec une forte valeur ajoutée devient une nécessité notamment vis-à-vis des marchés émergents (Europe de l’Est, Chine). 2- Les ateliers thématiquesLes ateliers LogistiquesPlusieurs ateliers Logistique se sont déroulés durant les 2 jours (Identification des pneumatiques par RFID (Michelin), Retour d’expérience d’un pilote RFID (GEODIS), Importance du Rôle des transporteurs et des prestataires logistiques (GEFCO), Mise en place d’une application Web EDI en Chine (GXS), La Logan : un véhicule bas prix pour les marché émergents (Renault), …). Nous retiendrons ici les suivants :
1 - Gestion des capacités Une présentation conjointe RENAULT/PSA de l’expérience pilote a été réalisée par Olivier SANCIER (PSA) et Frédéric FERREOL (RENAULT) afin de communiquer sur les conclusions et de trouver de nouveaux partenaires dans les actions à suivre que ce soit au niveau des constructeurs, fournisseurs ou éditeurs de logiciel. En partant de la recommandation, RENAULT et PSA ont décidé de mener une expérience multi client sur l’ajustement des capacités à la demande autrement appelé Demand Capacity Planning (DCP). Cette recommandation a pour but de formaliser les processus à mettre en place afin d’établir une meilleure collaboration entre les fournisseurs et les constructeurs du monde automobile, mais surtout d’anticiper et de résoudre les problèmes capacitaires. Les premières conclusions de cette étude sont les suivantes :
2 - Gestion des livraisons par le fournisseur : Joerg VOLLMER, Manager Corporate Sector Purchasing and Logistics de Bosch, et Terry ONICA de QAD ont exposé les travaux concernant la recommandation mondiale intitulée « Collaborative Managed Inventory (CMI) Min/Max ». Il s’agit d’un mode de gestion des approvisionnements dans lequel le client s’engage à transmettre en temps réel (par EDI) au fournisseur les prévisions et les niveaux de stocks afin que celui-ci établisse une proposition de réapprovisionnement dans le respect des règles préalablement établies dans la relation des deux acteurs. Cette proposition est considérée comme ferme.
3 – Les indicateurs de performance Logistique : Thierry KOSCIELNIAK (Logistics Programme Manager d’Odette), Valérie GAUTSCH (Parts Control Manager de Nissan Europe), Damien DERLOT (Responsable Logistique Central de SNOP), Marjorie HUERTAS (Secteur Gestion de production de Renault) ont participé à la réalisation d’un atelier Logistique sur le Management de la performance logistique par le suivi d’indicateurs sur la base de 3 présentations : La recommandation Odette sur les indicateurs de performance logistiques (Nissan Europe) Cette recommandation européenne intitulée « Logistics Key Performance Indicators (LKPI) » définit 6 indicateurs de performance logistique communs entre un fournisseur et un client dans la phase d’approvisionnement de pièces ou de matière en série : LKPI n°1 = Présence et qualité de l’AVIEXP, LKPI n°2 = Taux de Service, LKPI n°3 = Indicateur VMI, LKPI n°4 = Conformité Emballages & Etiquettes, LKPI n° 5 = Incidentologie Logistique, LKPI n°6 : mesure de la performance concernant les 3 processus (réception de la demande de livraison, traitement d’un incident logistique , coopération aux projets logistiques). L’utilisation des LKPI pour une amélioration continue de la performance Logistique (SNOP) Comment mettre en place un processus d’amélioration de la performance Logistique ? Cette présentation par l’intermédiaire d’une approche pragmatique permet de voir l’importance que les recommandations Odette (Global MMOG / LE, protocole logistique, Messages EDI et LKPI) peuvent avoir dans le déploiement d’une politique d’amélioration continue.
Le partage des indicateurs entre Renault et ses fournisseurs (Renault) IPPRF Logistique est un outil de management de la relation fournisseurs Renault qui permet le partage des indicateurs de performance logistique entre les fournisseurs et Renault. Cette mise en commun de l’information est un pré requis à l’amélioration de la qualité logistique. Conclusion
Le management de la performance logistique par le suivi d’indicateurs devient un sujet au cœur des préoccupations qui requière toutefois un certain nombre de conditions :
4 – Gestion des emballages durables Une présentation RENAULT du projet PVS a été réalisée par Jacques Diavet (Chef de Secteur Transport amont et Emballages du département Organisation des processus de la Direction de la Logistique de Renault) afin d’illustrer la mise en place de la recommandation GALIA sur la gestion des emballages durables. Contexte Renault privilégie l’utilisation des emballages durables pour le conditionnement des pièces et organes dont il est client ou fournisseur. Ces emballages présentent de nombreux avantages par rapport aux emballages dits « perdus », souvent en carton : ils sont économiques, ergonomiques (pour le poste de travail et pour la pièce) et écologiques. Dans un souci d’efficacité, c’est désormais toute la chaîne logistique qui est dimensionnée autour de l’emballage (postes de travail, transports, moyens de manutention, etc.). Problématique Pour bénéficier pleinement de ces avantages, client et fournisseur doivent gérer cette ressource commune et partagée que constitue l’emballage. Car, lorsque le flux se rompt, les avantages énoncés précédemment se transforment en surcoûts qui grèvent la performance de l’ensemble de la chaîne logistique. La conjonction de deux facteurs explique les difficultés inhérentes à la gestion des emballages : le nombre d’emballages en circulation est limité ; chaque acteur doit en disposer à tout moment en quantité suffisante pour garantir la continuité des flux dans les conditions prévues. Aujourd’hui, la majorité des constructeurs partage cette problématique et constate de nombreux dysfonctionnements. Packaging Visibility System En Europe, au sein de l’alliance, Renault et Nissan ont lancé un projet pour définir des pratiques et un système communs pour gérer leurs emballages durables. Avec ce projet (PVS - Packaging Visibility System), Renault cherche en priorité à localiser les emballages dans nos réseaux logistiques respectifs et à assurer le réapprovisionnement optimal de nos fournisseurs en emballages vides. Pour cela, le projet s’appuie sur les principes de la recommandation GED V4, publiée par GALIA en juillet 2003. Chaque partenaire (constructeur et fournisseur) doit participer à l’effort de gestion en captant tous les mouvements d’emballages en entrée et en sortie de ses sites. Ces mouvements d’expédition et de réception permettront une mise à jour en temps réel des stocks d’emballages sur chacun de ces sites et de l’encours transport. Dans le même temps, confrontées aux demandes de livraisons pièces, ces informations favoriseront la réactivité dans les processus de gestion des retours. Enfin, grâce aux technologies liées à Internet, la mise à disposition de tous les acteurs de l’ensemble de ces informations (stocks, en-cours, programmes d’expédition d’emballages vides, etc.) améliorera leur visibilité et facilitera un suivi efficace des flux ainsi que l’anticipation des dysfonctionnements. Conclusion Renault et Nissan Europe fondent beaucoup d’espoirs sur ce projet. Au gré de ses rencontres avec ses fournisseurs, Renault a constaté que les dysfonctionnements relatifs aux flux de contenants pèsent sur la performance de toute la chaîne et pénalisent nos organisations. Remédier à ces problèmes pour faire progresser l’ensemble de la chaîne logistique est un objectif. Les Ateliers IngénierieDeux matinées ont été consacrées à des ateliers Ingénierie. 6 présentations ont été faites par des industriels et des prestataires. Les thèmes principaux tournaient autour de : la non qualité des données CAO, la Visualisation, les échanges Constructeurs/Fournisseurs, l’élaboration et l’utilisation des standards de l’Ingénierie et la gestion de la qualité. Les intervenants provenaient de Skoda, Adobe, Dassault Systèmes, Johnson Controls, GALIA/PSA et MHP Porsche Services. Nous retiendrons les allocutions suivantes :
1 – Gestion de la Qualité CAO Skoda a été chargé de développer un nouveau moteur pour le groupe VW. Le moteur a été mis en production en 2002. Hors, une des nouveautés dans ce travail fut l’utilisation complète de la CAO. Les problèmes de transfert de données sécurisé et de stockage furent vite rencontrés et un poste d’administrateur des données projet fut créé. Mais au cours du développement, les données arrivant des différents intervenants pouvaient être classées en 2 catégories : les facilement et les difficilement intégrables dans le système Skoda. Et même parmi celles qui pouvaient être converties facilement, les modifications étaient inévitables. Les conséquences de ce manque de qualité étaient sensibles en aval : difficulté de mener des analyses de collision, d’assemblage des modèles dans la maquette et interruption du processus de conception. Tout ceci avait bien évidemment un coût et pesait sur les délais. Travailler à améliorer la qualité des données produites avec les fournisseurs est très difficile. « Mes données CAO causent des problèmes chez vous ? Vous plaisantez, chez moi, tout est parfait. » C’est donc pour modifier les comportements « à risque de non qualité » que Skoda a très sérieusement travaillé sur cette question. Ils ont érigé en principe les « standards » suivants :
- Utiliser les modèles de départ - Ranger et nommer les éléments dans l’arbre de création - Utiliser les types d’éléments et les méthodes de référence - Utiliser les techniques de modèle squelette - Créer des dessins et les données associées - Identifier les paramètres - Eliminer les petits éléments - Respecter les courbures et tangences - Assurer la continuité en tangence des courbes et des surfaces - Eviter l’ondulation des surfaces - Améliorer l’intersection des éléments - Respecter le bon degré des polynômes définissant les courbes - Eviter les éléments identiques Pour améliorer la qualité des données, les points suivants se sont révélés essentiels :
C’est avec de tels principes et de tels outils de contrôle que Skoda a pu obtenir de ses partenaires des modèles ne contenant aucune erreur au sens de la recommandation SASIG PDQ V2.0 et améliorer la qualité de conception de ses projets. Mais le témoignage de Jan Vesecky nous a aidé à comprendre que c’est un long chemin. 2 – 15 ans de standards Ingénierie Jean-Jacques Urban Galindo est bien connu des membres de GALIA. Il vient tout juste de quitter ses fonctions de président du Comité Ingénierie. Directeur du projet INGENUM de PSA Peugeot Citroën, il est le témoin privilégié des apports que la standardisation a pu avoir dans les échanges de bureau d’études à bureau d’études. Il nous a rapporté quelques points de repères dans le chemin parcouru qui pourront être utiles dans les travaux en cours et à venir. Partant de ce qui s’est fait dans le domaine de l’EDI pour la Logistique, il a retracé les apports des standards dans le domaine des échanges techniques entre donneur d’ordres et fournisseurs. En effet, les messages accompagnant les données techniques sont cohérentes avec celles jointes aux données commerciales et logistiques. Ce travail de standardisation aura permis de définir une syntaxe commune et un vocabulaire commun. Il a aussi contribué à faciliter les transferts de quantités de données importantes en améliorant la précision dans la désignation des émetteurs et destinataires ainsi que les délais de réception. Tout ceci reposant sur les performances de débit et de sécurité des réseaux en tête desquels il a placé le réseau Automobile Européen : ENX dont il a rappelé que son utilisation commençait à déborder largement le cadre de notre industrie et que de nombreuses initiatives sont menées pour le rendre accessibles aux PME PMI. Ces travaux furent rapidement portés aux niveaux européen et mondial. Le standard ENGDAT était né, associé au protocole sécurisé Odette File Transfer Protocole. Qui dit échanges, dit intégration des données dans n’importe quel outil de conception assisté par ordinateur. Ceci induit deux réflexions : peut-il y avoir un format de neutre de définition et peut-on éviter les problèmes de qualité qui empêchent d’intégrer facilement les modèles externes dans la maquette numérique pour en faire l’analyse ? La réponse est évidemment positive grâce aux travaux qui débouchèrent sur les formats STEP, IGES et SET… De même, le résultat de ces travaux, initiés chez GALIA et au VDA, qui débouchèrent sur la recommandation Odette PDQ puis SASIG PDQ et qui sont utilisés tous les jours de façon quasi « transparente » par de très nombreux concepteurs dans les outils de contrôle de la qualité qui permettent des échanges facilités et des temps de cycle réduits. Il est à noter que la Version 2 de la recommandation SASIG PDQ V2 a été agrée par l’ISO en tant que Publicly Available Specification. Ceci aura pour conséquence d’être bénéfique aux dessinateurs de produits d’autres industries utilisant la CAO. Puisqu’on en est à parler d’intégration dans la maquette numérique, Jean-Jacques Urban Galindo a rappelé qu’une description commune des données du produit véhicule est vitale pour une coopération efficace autour de la Maquette Numérique. C’est le rôle du protocole AP214 de la norme STEP qui définit un mécanisme capable de décrire les données « produit » indépendamment des systèmes qui gèrent le cycle de vie. Il inclut les pièces, les assemblages de pièces, les outils et les assemblages d’outils. Les pièces concernent la carrosserie, la mécanique, le châssis et les intérieurs. Ce protocole prend en compte les multiples options et le nombre impressionnants de combinaisons d’usage dans notre industrie. Jean-Jacques Urban Galindo a redit sa conviction de l’incroyable potentiel de ce standard, négligé par les éditeurs, mais qui devrait rendre de nombreux services dans le cadre des réflexions sur l’archivage long terme des données 3D issues des bureaux d’études. Enfin, après avoir cité des sujets qui réclament l’attention des organismes de standardisation (Gestion de Modifications, Echanges de données de visualisation ou les échanges en environnement CATIA Version 5) il a rappelé que le travail effectué durant les 15 dernières années a permis aux acteurs de l’industrie automobile d’envisager un développement et des coopérations à l’échelle de la planète pour le plus grand bénéfice de leurs clients finaux. Les Ateliers B2BParmi les sujets B2B qui ont été vus, il y en avait quelques uns au cœur de l’activité B2B chez GALIA / Odette dans le cadre de l’utilisation des portails, notamment : Le projet S2R (Sécurité et Réduction des Risques) a été présenté par Ilja Ohliger (Robert Bosch) Aujourd’hui, il n’existe aucun standard sur la sécurisation des échanges de données dans le domaine B2B dans l’industrie automobile. Plusieurs échanges entre partenaires lors de réunions de travail dans le cadre d’Odette ont permis de créer une recommandation sur le sujet portant le nom de S2R (Sécurité et Réduction des Risques). Ce standard définit des règles communes de sécurité qui peuvent être déployées entre les différents partenaires. Le projet PID (Partner Identification & Database) a été présenté par Rob Exell (Odette International) Le projet PID était avant connu sous le nom de projet SID. Ce projet a été présenté en détail dans le dossier du mois de novembre sur le site web GALIA : "Partner Identification and Database" Au bout de 2 ans de travaux à travers l’industrie Européenne, l’équipe projet Odette PID est sur le point de publier une recommandation sur le sujet. Le projet QDX (Quality Data eXchange) a été présenté par Dr. Oliver Kelkar (MHP / Porsche) Oliver Kelkar a montré les avantages du développement d’un standard pour des messages qualités communs pour toutes partenaires. Ceci engendre la coopération des fournisseurs, prestataires et constructeurs pour réaliser une solution efficace qui améliore la performance et réactivité des fournisseurs. Les américains ont bien commencé leurs travaux, la VDA QMC a publié leurs messages et maintenant, par Odette, ils invitent le reste de l’industrie automobile européenne pour participer dans le projet QDX. Nous pouvons noter que ces sujets qui font l’objet de groupes de travail chez GALIA sont partagés par nos partenaires européens et américains où la collaboration entre constructeurs et équipementiers est impérative. Les dossiers |