Retour sur l’Atelier Logistique GALIA du 21 septembre 2010
GALIA a décidé d’organiser un Atelier Logistique cette année après une absence en 2009. Les derniers ateliers logistiques GALIA avaient abordés des sujets comme l’amélioration de la performance logistique en 2008, le rôle des prestataires logistiques et transporteurs en 2007 ou la RFID en 2006.
Cette année, nous avons décidé d’aborder le thème de la programmation et de la prévision. En effet, plusieurs groupes de travail abordent ces sujets depuis mai 2009. Tout d’abord, le groupe de travail GALIA
« Prévisions » qui a abouti à une recommandation sur la prévision CT/MT, dont la publication est prévue en fin d’année. Et qui continue ses travaux sur la fiabilité de la prévision.
Le groupe de travail 3.2 de la Plateforme Filière Automobile a également travaillé sur la prévision et sa diffusion dans la filière automobile. Avec comme résultats, le document Perspectives et tendances et un guide de bonnes pratiques concernant la prévision CT/MT.
Un troisième groupe démarrera fin 2010 au niveau européen et GALIA essaiera de partager les conclusions émises par les deux premiers groupes avec ses partenaires européens.
Une quarantaine de personnes ont participé à cet atelier qui se déroulait dans les locaux de la FARGR de Boulogne-Billancourt.
Christian Chamaillard débute son introduction en rappelant que ces ateliers sont surtout l’occasion d’échanger entre intervenants et participants.
Carlos DA SILVA de la société IHS Global Insight nous présente sa société et son activité.
Cette société est un des acteurs majeurs pour la fourniture de données stratégiques aux industries, dont l’industrie automobile.
Elle réalise des études de marché très détaillées sur des horizons long terme, conseille les top-management sur des opportunités ou risques. Une de leur dernière étude sur le marché automobile a porté sur le véhicule électrique.
Pour mener à bien ses missions, elle s’appuie sur 2 socles :Des prévisions économiques « maison » en prenant en compte toutes les variables de l’environnement de la société (environnement économique, impacts des matières premières, du pétrole, des enjeux politiques…).
Un service de news économiques interne.
L’accès aux données fournies par IHS Global Insight est évidemment payant et se fait sous la forme d’un requêteur très performant permettant de modeliser les données selon ses choix. | Ces données se basent sur un historique d’une dizaine d’année et portent sur un horizon de 19 ans !

IHS Global Insight fournit également trimestriellement des scénarios avec des probabilités de réalisation.
Il nous a semblé très intéressant de faire intervenir IHS Global Insight puisque toutes ces données sont utilisées par certains donneurs d’ordre de l’automobile. |
David Langlois de Faurecia Automotive Seating est venu partager avec nous la manière qu’a sa société de traiter les différentes données venant de ses clients pour établir ses plans de production, des besoins capacitaires ou ses prévisions fournisseurs.
Le processus de traitement interne de l’information démarre à partir de la constitution de Fiches Identification Véhicules par véhicule et par usine client. On va y retrouver l’information de ratio des options impactant les produits livrés par Faurecia. Par exemple le ratio 3/5 portes ou le ratio siège manuel/siège électrique.
Autres sources de données : les données constructeurs évidemment, ainsi que les données du marketing Faurecia.
Faurecia s’approvisionne également en données auprès d’organismes indépendants comme IHS Global Insight pour obtenir les prévisions de ventes (ou fabrication) des constructeurs plus petits ou lointains.
Toutes ces données sont ainsi agglomérées dans une base de données par type de véhicule. On y retrouve les informations cruciales telles que les usines de production, les dates de démarrage, la segmentation produit, les taux d’équipement, etc…
De cette base de données, FAURECIA tire son Plan Industriel et Commercial, une analyse capacitaire mondiale et un budget.
Cependant, avoir une base de données ne semble pas le plus difficile ! David Langlois souligne qu’obtenir de l’information auprès de certains constructeurs tels que FIAT ou FORD US est compliqué. Et c’est dans cette optique que Faurecia se tourne vers les organismes indépendants. Il s’agit bien là d’un axe d’amélioration à travailler à un niveau plus global.
Les données collectées sont disponibles pour chaque site Faurecia par l’intermédiaire d’une share place.
David Langlois souligne également qu’il travaille en tant que rang 3. Le groupe ayant cependant accès aux informations constructeurs, il doit faire attention à prendre en compte une certaine flexibilité demandée par les fournisseurs de rang 1 et 2 ! | Cette base de données globale lui permet également d’arbitrer les besoins de chaque usine en cas de pénurie d’un fournisseur.
Le PIC porte sur 11 mois (2 mois de programmes EDI ainsi que 9 mois de prévisions) et rappelle 2 mois de ventes réalisées.

Chaque usine réalise son PIC selon le même format et le partage. Il permet d’anticiper les démarrages de véhicules mais aussi de calculer un TRS prévisionnel dans un but d’analyse capacitaire. La comparaison de ce TRS prévisionnel avec le TRS actuel permet de savoir si le plan « passe » ou s’il faut prévoir un plan d’action.
Un module spécifique permet de calculer les besoins fournisseurs. Faurecia transmet 3 mois de besoins à ses fournisseurs par EDI. Mais les fournisseurs peuvent obtenir une visibilité plus longue par leurs acheteurs.
David Langlois terminera son intervention en précisant qu’il est du rôle de chaque fournisseur d’analyser la demande de son client et d’y détecter les anomalies potentielles. Il souhaite également que les informations marketing sur les mix soient dans l’ensemble mieux partagées dans la filière. |
Damien Derlot de SNOP entame sa présentation par deux constats intéressants :La prévision à moyen terme est un peu le parent pauvre dans la filière. On n’en parle que très peu dans les manuels logistiques clients.
Plus on est loin dans la supply-chain, plus il est difficile d’obtenir de l’information. Les prévisions moyen et long terme sont utilisées pour :La planification pour l’horizon 3-9 mois.
Sécuriser les approvisionnements et mettre à jour les paramètres pour l’horizon 6-12 mois.
Maitriser le capacitaire pour l’horizon 12-24 mois.
Contrôler les aspects financiers pour l’horizon 6 mois-5 ans

On retrouve dans la présentation de Damien Derlot le même constat que dans celle de Faurecia : il y a énormément de sources de données différentes. Et toutes concordent à cons-truire les prévisions moyen terme qu’utilise SNOP. | On retrouve entre autres : l’historique, pour affiner les mix, les EDI, les données des IFR/RIF des portails constructeurs, les référentiels capacitaires, les plans stratégiques et enfin les analystes économiques. Mais une partie de ces données ne sont visibles que par les équipementiers de rang 1.
On peut donc se poser la question de la visibilité qu’a un équipementier de rang 2 ou inférieur ?
La visibilité sur l’année 2011 pose également problème. Seules les données du référentiel capacitaire et les données des plans stratégiques sont disponibles. Mais elles représentent une tendance et ne sont pas suffisantes pour faire une prévision.
Damien DERLOT insiste aussi sur le fait qu’il faut comparer en continu les données de l’EDI et les données à moyen terme pour détecter les erreurs et surtout éviter de les transmettre en amont.
SNOP fait également l’effort d’envoyer ses besoins fournisseurs par EDI et donne une visibilité de 3 mois à ses fournisseurs.
SNOP insiste aussi sur les enjeux qui lui semblent important :- Il faut améliorer la diffusion et la transparence des informations dans la filière.
- Les bonnes pratiques doivent être mises en œuvre à l’échelle européenne. Par exemple, la diffusion d’informations moyen terme telles que transmises en IFR/RIF.
- La participation aux travaux de GALIA est importante (et SNOP est un important contributeur aux travaux GALIA !).
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Après une petite pause où chacun a pu échanger cartes de visites et remarques sur les présentations de la première partie, nous reprenons l’atelier.
Pierre Gabaud de PSA PEUGEOT CITROËN nous parle d’une présentation qu’il a faite lors du groupe de travail GALIA « Prévisions » et qui a intéressé les fournisseurs présents.
Il présente le processus qui va permettre à PSA de passer des prévisions de ventes de véhicules aux prévisions fournisseurs. Ce processus dure environ 40 jours. PSA commence donc à construire les prévisions de novembre 2010 en septembre.
Les prévisions de vente portent non seulement sur les véhicules vendus en concession mais également sur les véhicules envoyés en collection, les PR ou les organes vendus dans le cadre des partenariats.

La décomposition de tous ces besoins en pièces servira aux usines internes, aux fournisseurs, aux services de gestion et également aux transpor-teurs, GEFCO en particulier.
Mais avant d’arriver à ce besoin pièces, le processus est long et complexe. On va voir que le planning est en fait très serré !
Le processus en viendra à figer la période P1 et à établir les prévisions sur P2, P3 et P4. | La complexité du processus vient du fait qu’il faut prendre en compte les contraintes de chacun et les acteurs sont nombreux ! Les contraintes de potentiel interne ou externe ou d’organisations sont remontées par les usines au central.
Le Commerce et le Plan se réunissent ensuite afin de prendre en compte les prévisions commerciales et d’établir un programme cadre. Ce programme cadre est validé par la direction générale et réparti sur les usines terminales au niveau de la production et sur les filiales au niveau des ventes.
Le programme est ensuite détaillé en descriptions complètes en prenant en compte habillages et options. La phase de préparation des flux constituants démarre alors.
La décomposition en nomenclature est réalisée à J-15 pour toutes les usines en semaines sur P1 et P2, en mois sur P3 et P4.
L’information est redescendue aux usines pour une phase de « réglages ». L’usine va alors prendre en compte ses propres contraintes de calendrier : transport, machines, humains, jours fériés…
Ces corrections faites sont alors passées à la moulinette d’un calcul des besoins. Les usines peuvent alors prendre en compte les stocks et les décalages prix départ. Les besoins sont ensuite envoyés aux fournisseurs par EDI.
La période P1 est figée en termes de volume de commerce et la fiabilité en termes de véhicules est donc bonne. Par contre, le mix n’est pas fixé.
PSA travaille pour raccourcir le processus de préparation. |
François BEAUXIS-AUSSALET nous parle ensuite des prévisions à long terme chez RENAULT.
Le processus budgétaire a lieu deux fois par an. Il démarre en décembre par la décision d’attribuer les modèles de voiture sur les marchés et les pays. Le plan commercial est formalisé sur A+1 et A+2.
Deux re-prévisions économiques sont effectuées en février et fin juillet. Au mois de mai, un premier scénario de prévisions est réalisé : le plan commercial est examiné, la concurrence et le marché analysés.
En juin, une concertation entre les Régions, les Fonctions et les Programmes. Les risques et opportunités sont alors évalués. Les scénarios élaborés sont alors présentés au Board Renault qui retiendra un scénario. Les budgets sont alors arrêtés ainsi que les ordonnances capacitaires.
Pour conclure le processus, la déclinaison en moteurs et boites de vitesse est réalisée et l’enquête capacitaire sur A+1 et A+2 lancée.
François Beauxis évoque ensuite les 7 principaux facteurs influençant les volumes. Des analyses prouvent par exemple qu’une augmentation du PNB d’un pays produit une augmentation du marché environ 2 ans après. La connaissance détaillée de la concurrence et de sa gamme est également très importante pour pouvoir se positionner sur un marché. La localisation de la production par rapport aux marchés, l’image de marque et le design, les aspects marketing et les taux de change sont également à prendre en compte. Ce processus est très bien résumé dans le schéma suivant.
| Evidemment, les prévisions à long terme sont un exercice difficile et plusieurs scénarios sont envisagés (cynique, pessimiste, centré, optimiste…). Le processus conduit à une série de chiffres qui sont transmis de façon assez large. Le danger porte alors sur l’hypothèse prise par les équipementiers qui peut être différente de celle prise par le constructeur.
François Beauxis illustrera ses propos par l’exemple du 4x4 DUSTER sorti des chaines DACIA.
La dernière partie de la présentation de Renault porte sur 3 améliorations que l’on pourrait envisager pour la filière :- François Beauxis propose que les fournisseurs désirant établir des plans à long terme viennent les partager avec leur client pour valider que les hypothèses choisies soient identiques.
- Améliorer le document Perspectives et Tendances en y intégrant les types de caisses et s’assurer de sa diffusion auprès des rangs 2 à n.
- Avoir un processus annuel qui protège les capacités, basé sur les enquêtes capacitaires.
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Jean-François Salles, président de GALIA, conclue cet atelier en insistant sur la notion de dialogue entre acteurs de la filière automobile. L’enjeu est dans le partage de l’information et dans la confiance dans ses partenaires. Les groupes de travail GALIA doivent ouvrir de nouveaux horizons mais il est nécessaire que les recommandations élaborées soient appliquées par tous les acteurs de la filière.
 Satisfaction de l’auditoire sur l’ensemble des présentations
Quelques réactions de participants :
| « La session était très instructive, notamment par les témoignages conjoints d'équipementiers et constructeurs. Elle m'a permis de découvrir la complexité des paramètres pris en compte pour calculer un prévisionnel ou un budget chez un constructeur. Les deux équipementiers présents ont également su montrer l'intérêt d'une démarche complémentaire de planification et les éléments nécessaires à sa contraction. J'ai enfin apprécié l'accent mis par les intervenants sur la maitrise de la variabilité. » |
| « La planification est un thème particulièrement intéressant aujourd'hui pour les équipementiers, à cause notamment de la nécessité d'adapter les moyens le plus précisément possible par rapport aux variations de la demande client. L'atelier logistique a permis d'avoir à la fois des exemples de traitement de ce problème par des équipementiers de rang 1 et de rang 2, et également la présentation par les constructeurs de la méthode d'élaboration de leurs prévisions. Ces informations sont utiles pour mieux construire ou faire évoluer nos solutions en fonction de nos contextes spécifiques. » |
Dossier réalisé par :
Jean-François Tahon – Chef de Projet Logistique GALIA
Les dossiers
GALIA - Groupement pour l'Amélioration des Liaisons dans l'Industrie Automobile
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